Deux passages en force en deux jours contre l’école, en effet, avec l’accélération du calendrier par une majorité MR-Engagés qui sent le vent de révolte monter, monter, parmi les enseignants, les étudiants, les parents d’élèves, et a décidé de s’assoir sur les règles de procédure parlementaire. Mais un troisième coup de force s’annonce dès demain, avec le vote du décret-programme sur l’enseignement.
La stratégie de Bouchez est claire et elle tient du trumpisme : casser tout ce qui dans la société peut lui résister, tout ce qui permet aux gens d’avoir un regard éclairé sur ce qui se passe — ce n’est pas un hasard que l’enseignement soit centralement visé —, tout ce qui peut former contre-pouvoir, en espérant s’imposer à nouveau en 2029 non plus par adhésion (toute personne dotée d’un minimum d’empathie ou de décence sait à quel point il est nécessaire d’éloigner ce personnage de toute responsabilité publique) mais parce qu’il n’y aura plus de force capable de lui faire pièce. Le risque est réel (et me conforte chaque jour dans mon choix de renforcer le Parti Socialiste, malgré ses imperfections).
L’objectif de Bouchez — et ce sera clairement à l’ordre du jour s’il n’est pas défait en 2029 ou avant —, c’est une société à l’américaine, où la Sécurité sociale et les services publics sont réduits à leur plus simple expression, où tout repose sur l’initiative privée, même le droit à se soigner (si on sait payer une assurance privée), même le droit à étudier (dans des universités dont les frais d’inscription seront devenus inaccessibles à beaucoup), même le droit à cesser le travail avant que le corps soit brisé (si on a accumulé suffisamment de capital).
Alors, je dis aux enseignants qui me lisent : le vote de demain au Parlement — qui hélas ne fait quasiment aucun doute — va être un coup de massue terrible pour vous. Mais ce coup de massue a pour but, a pour FONCTION de vous assommer, de vous faire renoncer à la lutte. La méthode de la droite, c’est de diviser, attaquer les secteurs un à un et tout faire pour chaque mouvement social sectoriel se termine dans la défaite, pour que chacun rentre chez lui la tête basse. Le pouvoir nous veut triste.
Le moment est venu, je crois, de rassembler les luttes, de rassembler l’ensemble de celles & ceux qui refusent le modèle de société inique vers lequel ces gouvernants sans conscience veulent nous emmener. Chaque mois qui passe sous leur férule antisociale accroît l’ampleur de dégâts qui seront longs, très longs à réparer (parce que oui, reconstruire est bien plus complexe que détruire à la pelleteuse).
Il n’y a, je pense, que la grève générale qui peut mettre fin à cette entreprise de démolition. Pour remettre l’économie au service de l’humain là où la droite veut tous nous épuiser. Pour défendre et reconstruire les services publics sans lesquels nos droits les plus fondamentaux ne peuvent être respectés. Pour remettre à l’ordre du jour la justice fiscale qui, à elle seule, suffirait à renflouer les caisses et bien plus que cela, comme on l’a encore appris tout récemment en découvrant que les « sociétés de management » par lesquels les plus riches éludent l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales coûtent à la collectivité la somme astronomique de 22 milliards d’euros par an — c’est-à-dire près de 50 fois, CINQUANTE FOIS !, le montant de l’actuel train d’économies en Communauté française !
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